Sans parler du chien – Connie Willis

Sans parler du chien- Connie Willis

« Cyril et la Princesse Arjumand s’étaient également assoupis. Je me penchais pour caler ma joue sur ma main, mon coude sur mon genou.

Et contempler Verity.

C’était presque aussi reposant qu’un bon somme. Le canot se balançait doucement et, entre les feuilles, le soleil dessinait des motifs papillotants d’ombre et de lumière. Elle avait les traits détendus par ce repos réparateur.

Je devais l’admettre. Même au terme d’une longue cure de sommeil je n’aurais pas cessé de l’assimiler à une naïade. Allongée là avec les yeux clos et la bouche entrouverte, bavant un peu sur le coussin moisi, elle était toujours la plus belle femme qu’il m’avait été donné de voir.

– Elle avait un ravissant minois, murmurai-je.

Et, contrairement à Terence, j’estimai qu’il n’était pas utile d’en dire plus.

Je dus finalement somnoler à mon tour, car mon coude glissa de mon genou et je me redressai en sursaut.

La Princesse Arjumand miaula, sauta de mes épaules et s’assit sur le siège à côté de moi.

Verity et Cyril n’avaient pas interrompu leur sieste. La chatte bâilla et s’étira, puis alla regarder les flots. Elle se dressa sur le plat-bord et trempa une patte blanche dans la Tamise.

La clarté indécise du soleil qui filtrait entre les branches était plus oblique et dorée. Je sortis ma montre de gousset et l’ouvris. III et demi. Nous avions intérêt à rentrer avant qu’on ne remarque notre absence, si ce n’était pas chose faite. »

 

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