Les Ignorants – Etienne Davodeau

 

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Aujourd’hui s’achève mon petit tour des lectures d’été. Et pour finir, je vous propose une BD qui a, pour moi, un petit goût de rentrée. C’est le crayon du dessinateur, et sa jolie palette de gris, c’est la présentation du monde du livre, de la création littéraire, c’est la culture de la vigne et du vin. Une belle immersion…

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Blitz (Black-Out – All Clear), Connie Willis

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«M. Dunworthy avait dit  que La Lumière du monde était la première chose qu’il avait découverte à Saint-Paul, lors de sa première visite. Le tableau était sans doute accroché non loin, dans l’une des ailes latérales. S’il se trouvait encore là. Sur les murs, des carrés pâles indiquaient l’emplacement de toiles qu’on avait enlevées.

Non. Il était là, dans une baie à mi-chemin de la travée sud, et il ressemblait avec une fidélité parfaite à la description qu’en avait faite M. Dunworthy. Vêtu d’une robe blanche et couronné d’épines, le Christ se tenait au milieu d’une forêt que baignait un crépuscule d’un bleu profond. Il portait une lanterne et attendait devant une porte en bois, impatient, la main levée pour y frapper.

C’est M. Dunworthy! Il veut savoir pourquoi je ne suis pas encore venue au rapport. Pas étonnant qu’il aime tant ce tableau.

Polly n’était pas très impressionnée. La peinture était plus petite qu’elle ne l’avait imaginé, très démodée, et à deuxième examen, le Christ lui semblait moins impatient que dubitatif, comme s’il ne croyait pas que l’on répondrait à son appel. Ce qui risquait fort d’être le cas, si l’on en jugeait par l’état de l’huis. De tout évidence, on ne l’avait pas ouvert depuis des années. Du lierre s’y était entortillé, et des herbes folles en obstruait le seuil.

-Je laisserais tombé, à ta place, murmura Polly.»

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Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

Les passagers du vent, Bourgeon

Les apssagers du vent, Bourgeon (1)

Je vous propose à nouveau de la Bande Dessinée, avec, cette fois-ci, une immersion dans la vie d’Isa, jeune femme du XVIIIème siècle, sous le magnifique coup de crayon de Bourgeon.

Isabeau est une jeune femme de famille noble. Pour échapper à la justice et sauver sa vie et son honneur, elle s’embarque, avec son amant Hoël, marin, sur un négrier en partance pour l’Afrique.

Bourgeon nous régale dans cette aventure ultra documentée, qui nous donne à voir les réalités de la traite des nègres, et les premières prises de conscience.

Les apssagers du vent, Bourgeon (3)

Sur fond d’épopée marine, nous suivons leurs aventures et leurs rencontre, à travers sept tomes.

  • La fille sous la dunette
  • Le Ponton
  • L’heure du serpent
  • Le comptoir de Juda
  • Le bois d’ébène
  • La petite fille bois-caïman, livres 1 et 2

Les apssagers du vent, Bourgeon (2)

L’Allée du Roi, Françoise Chandernagor

L'alée du Roi- Françoise Chandernagor

«Un jour, étant venue passer quelques heures à Versailles chez Madame de Montespan, j’étais allée en promenade avec elle et Madame d’Heudicourt; cette dernière dit au Roi que Madame de Montespan et moi avions parlé devant elle de choses si relevées qu’elle nous avait bientôt perdues de vue. Le Roi en fut si fâché que, pensant que sa maîtresse pouvait avoir plus de plaisir à m’entretenir qu’à lui parler, il exigea d’elle, par une délicatesse de passion, de ne pas me dire un seul mot le soir, quand il serait sorti de sa chambre. Je m’en aperçus bien et voyant qu’on ne répondait plus à toutes mes questions que par un «oui» et un «non» assez secs:

-J’entends, dis-je à la favorite, ceci est un sacrifice; je vais le tourner au profit de mon sommeil et me retirer.

Mais, comme je me levais, Madame de Montespan m’arrêta, charmée que j’eusse pénétré le mystère; la conversation n’en fut que plus vive après.

-Savez-vous, lui dis-je, de quoi nous avons l’air à causer ainsi toutes deux après la promesse de silence qu’on a exigée de vous? Eh bien, nous faisons à l’homme qui vous aime ce que fit, il y a quelques années, Mademoiselle de Lenclos au marquis de La Châtre: il avait obtenu d’elle un billet où elle lui promettait fidélité; elle n’en continua pas moins de mener son train ordinaire mais, chaque fois qu’elle prenait un nouvel amant, elle disait entre ses dents: «Ah, vraiment, le bon billet qu’a La Châtre!» Le billet qu’a ce soir certain homme de votre connaissance ne vaut guère mieux apparemment!

Madame de Montespan riait, et, d’historiettes en moralités, nous causions fort agréablement des nuits entières quand j’allais la trouver dans ses palais.
J’étais si bien assurée du goût qu’elle avait pour moi que je ne me mettais pas en peine de l’éloignement du Roi pour ma personne: l’empire de la favorite sur le souverain était tel alors que, goût ou dégoût, il en passait toujours par où elle voulait.»

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De sa naissance dans une prison de Niort à sa mort dans le doux asile de Saint-Cyr, de l’obscure pauvreté de son enfance antillaise à la magnificence de la Cour, de la couche d’un poète infirme et libertin à celle du Roi-Soleil, de la compagnie joyeuse de Ninon de Lenclos au parti pris de dévotion de l’âge mûr, quel roman que cette vie !

Dans le personnage et le destin de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, qu’on surnomma « la belle Indienne », se reflètent les aspects contradictoires du « Grand Siècle », dissimulés sous l’apparence immuable de la majesté royale.

À partir d’une documentation considérable et en recourant aux nombreux écrits, souvent inédits, de Mme de Maintenon, Françoise Chandernagor a voulu restituer le vrai visage de ce témoin intelligent et sensible.

C’est à la découverte d’une femme belle avec esprit, ambitieuse avec dignité, secrète avec sincérité, raisonnable avec passion, que nous entraîne L’Allée du Roi.

L’échiquier de mal, Dan Simmons

L'échiquier du mal - Dan Simmons

«Nina allait revendiquer la mort de ce Beatle, John. Je trouvais cela de fort mauvais goût. Elle avait posé sur ma table basse en acajou, ses coupures de presse soigneusement classées par ordre chronologique, sobres faire-part de décès témoignant de tous ses Festins. Le sourire de Nina Drayton était plus radieux que jamais, mais aucune chaleur ne se lisait dans ses yeux bleu pâle.

«Nous devrions attendre Willi, dis-je.

-Bien sûr, Mélanie. Tu as raison, comme d’habitude. Suis-je bête. Je connais pourtant la règle.» Nina se leva et se mit à faire les cent pas, caressant distraitement les meubles ou s’exclamant doucement sur une broderie ou une statuette en céramique. Cette partie de la maison avait jadis été une serre, mais je l’utilisait à présent comme « ouvroir ». Il y restait encore quelques plantes vertes pour capter la lumière matinale. Le soleil faisait de cette pièce un agréable lieu de séjour durant la journée, mais à présent que l’hiver était là, elle était trop froide pour qu’on y passe la soirée. Et je ne goûtais guère le sentiment que faisaient naître en moi les ténèbres qui se rassemblaient au-dessus de tous ces panneaux vitrés.

«J’adore cette maison», dit Nina. Elle se tourna vers moi et me sourit. «Tu ne peux pas savoir comme je suis impatiente de revenir à Charleston chaque fois que l’occasion se présente. Nous devrions tenir toutes nos réunions ici.»

Je savais à quel point Nina détestait cette ville, cette maison.

«Willi aurait de la peine, dis-je. Tu sais qu’il adore nous montrer sa maison de Beverly Hills. Et ses petites amies.

-Et ses petites amies», ajouta Nina, et elle éclata de rire. Nina avait changé de bien des façons, s’était assombrie de bien des façons, mais son rire n’en avait presque pas été affecté. C’était toujours le même rire rauque mais enfantin que j’avais entendu pour la première fois bien longtemps auparavant. Il m’avait attirée vers elle alors: une adolescente solitaire réagissant à la chaleur d’une autre adolescente solitaire, tel un papillon attiré par une flamme. A présent, il ne faisait que me glacer et me mettre sur mes gardes. Nombre de papillons avaient été attirés par la flamme de Nina au fil des décennies.

«Je vais faire servir le thé», dis-je.»

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Ils ont le Talent.
Ils ont la capacité de pénétrer dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l’histoire. Sans eux le nazisme n’aurait peut-être jamais existé, et nombre de flambées de violence, tueries, accidents inexpliqués n’auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent aussi entre eux une guerre sans merci, selon des règles empruntées à celles des échecs.
Ce sont des vampires psychiques.

L’abyssin, Jean-Christophe Rufin

L'abyssin- Jean-Christophe Rufin

«Alix de Maillet avait été une enfant très laide jusqu’à l’âge de quatorze ans. Élevée dans un couvent proche de Chinon depuis que ces parents étaient hors de France, elle avait grandi accoutumée aux sobriquets cruels qui stigmatisaient son embonpoint et la rougeur de ses joues: grosse pivoine, navet joufflu, et d’autres qu’elle avait oubliés.  À cette disgrâce du corps s’attachait de façon consolatrice une certaine indulgence des esprits. Elle ne faisait peur à personne, n’excitait pas la jalousie et recueillait, pour prix du dégoût que suscitait son apparence aux autres, leur affection. Les premiers temps de son adolescence ne firent que confirmer cet état de choses; la transformation de son corps promettait de se faire sans atténuer ses fâcheuses proportions. laide elle était arrivée dans ce collège à six ans; laide encore elle en repartait à quatorze pour faire le voyage d’Égypte. C’est alors que soudain, inexplicablement et bien tard, la beauté s’empara d’elle comme une éruption éclate sur un visage avec la fièvre. Elle mincit, s’élança. Tout ce qui s’était accumulé en graisses peu seyantes devint sève et le fit pousser. Le rouge de ses joues pâlit: tant de blanc à ce rose mêla son grain qu’elle prit un teint d’une extraordinaire fraîcheur, et un toucher de satin. Elle dénoua ses épais cheveux blonds auxquels l’obscurité des chignons et des nattes avait donné les reflets assombris du bois de chêne. Le malheur voulut que cette beauté arrivât quand elle était désormais seule, sans rien pour la lui manifester du dehors. Le regard de ses parents n’était pas bon juge; elle n’avait plus d’amie pour lui renvoyer son image et le miroir seul ne disait rien. Elle sentait quelque chose se transformer; il lui paraissait même, en se regardant, apercevoir la confirmation de son pressentiment. mais elle se demandait s’il n’y avait pas là un effet de la terrible solitude où elle était plongée, car dans cette belle maison de Caire elle ne voyait personne et, surtout, personne ne la voyait.»

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À l’origine de ce livre, un fait historique : Louis XIV, le Roi-Soleil, est entré en relation avec le plus ténébreux, le plus mythique des grands souverains de l’Orient, le Négus. L’Abyssin est le roman de cette fabuleuse ambassade.
Jean-Baptiste Poncet, jeune médecin des pachas du Caire, sera, par une extraordinaire réunion de circonstances, le héros de cette épopée baroque et poétique à travers les déserts d’Égypte et du Sinaï, les montagnes d’Abyssinie, de la cour du Roi des Rois à celle de Versailles et retour.
Mais qu’on y prenne garde : derrière sa simplicité, sa tendresse, son humour, ce roman d’aventures recèle une fable tragique. Jean-Baptiste est l’homme qui, ayant découvert un nouvel empire et sa civilisation, fera tout pour déjouer les tentatives de ceux qui veulent le convertir : les jésuites, les capucins et tant d’autres. Grâce à lui, l’Éthiopie échappera à toute reconquête étrangère et gardera jusqu’à nos jours sa fierté et son mystère.
L’Abyssin, tout en empruntant sa langue à Diderot et son rythme à Dumas, est un roman bien actuel, une parabole sur la haine du fanatisme, la force de la liberté et la possibilité du bonheur.

Le vent dans les saules, Kenneth Grahame

Je vous en avait déjà parler ici, mais j’aime beaucoup les contes anglais pour enfants. Et cette histoire de Kenneth Grahame ne fait pas exceptions. Il est si doux de se promener le long de la rivière dans cette jolie campagne anglaise!

Et cela me permet aussi de vous proposer des lectures pour les enfants, avec l’univers fascinant de Taupe et Rat.

Le vent dans les saules (1)

«Cela semblait presque trop beau pour être vrai. Mr Taupe se promenait dans les prés, le long des haies, à travers les bosquets, découvrait partout des oiseaux nichant, des fleurs à peine écloses, des feuilles qui poussent. Tout renaissait, tout respirait la joie. Et, au lieu d’être tourmenté par sa mauvaise conscience qui lui soufflerait: « Nettoyage », il ne pouvait s’empêcher de se dire combien il avait de la chance d’être le seul flâneur au milieu de tous ces être affairés. Après tout, ce qu’il y a de plus agréable quand on est en congé, ce n’est pas tant de se reposer soi-même que de regarder les autres travailler.

Il n’imaginait pas de bonheur plus complet que celui d’errer comme cela à l’aventure lorsque, tout à coup, il s’arrêta devant une rivière. Il n’avait jamais de sa vie vu de cours d’eau – espèce de gros animal luisant et sinueux toujours en fuite, gloussant, se saisissant de choses avec un glouglou et les recrachant un peu plus loin dans un gargouillis, pour se jeter aussitôt sur d’autres camarades de jeu, qui se libéraient en s’ébrouant de son emprise pour se retrouver à nouveau captifs. Là, tout n’était que tremblements et frissonnements, lueurs et étincelles, bruissements et remous, chuchotements et bouillonnements. Mr Taupe en resta ensorcelé, fasciné. Il se mit à trotter le long de la rivière comme un petit enfant trottine au côté d’un adulte qui l’envoûte par des histoires passionnantes; et quand, enfin, las, il s’assit sur la berge, la rivière continua à lui murmurer les plus belles histoires du monde, venues du tréfonds même de la terre et qu’elle irait ensuite répéter à la mer insatiable.»

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Si l’univers vous plait, ou si vous êtes plutôt BD, il existe une magnifique adaptation du conte, par Michel Plessix, en 4 tomes.

Le vent dans les saules (2)Le vent dans les saules (3)

 

Et si, au hasard du chemin, vous étiez tombé amoureux de nos deux compères, vous pourriez continuer l’aventure…

Le vent dans les sables

 

La femme au carnet rouge, Antoine Laurain

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«Le sac était là, sur le canapé. Il s’en approcha quand un SMS lui parvint. Dominique: Peut-être ce soir mais très tard, journée compliquée, t’expliquerai, suis au bureau. La Bourse plonge, si tu écoutes les infos tu sauras sur quoi je passe ma soirée! Baisers vers toi. Laurent but une gorgée et répondit un sobre: Baisers en retour, tu me diras… Puis il s’assit en tailleur sur le plancher, posa son verre sur une latte et se saisit du sac avec précaution. Il était beau, avec ses deux textures de cuir mauve, ses attaches dorées et ses poches extérieures de tailles diverses. Les hommes ne possédaient rien de comparable. Ils disposaient au mieux de sacoches, voir de mallettes dont les formes standardisées avaient été conçues dans le seul but de recevoir des dossiers. Il but une nouvelle gorgée de vin en ayant la nette impression qu’il allait commettre un acte interdit. Une transgression. Un homme ne fouille pas dans le sac d’une femme – même les peuplades les plus reculées devaient elles aussi obéir à cette règle ancestrale. Les maris en pagne n’avaient sûrement pas le droit d’aller chercher une flèche empoisonnée ou une racine à grignoter dans le sac en peau tannée de leur épouse. jamais Laurent n’avait ouvert le sac d’une femme. Pas plus celui de Claire que celui de sa mère lorsqu’il était enfant. C’était tout juste s’il avait parfois entendu: Prends les clés dans mon sac, ou: Il y a un paquet de mouchoirs dans mon sac, sort-le. Il n’avait glissé la main dans un sac à main qu’avec une autorisation en bonne et due forme, qui ressemblait d’ailleurs plutôt à un ordre, et n’était valable que pour une durée très limitée: lorsque Laurent n’y trouvait pas les clés ou le paquet de mouchoirs en moins de dix seconde et qu’il commençait à remuer le contenu du sac, celui-ci était aussitôt repris par sa propriétaire. Le geste était accompagné par une petite phrase agacée, toujours à l’impératif: Donne-moi ça! et aussitôt les clés ou le paquet de mouchoirs apparaissaient.

Il tira doucement la glissière dorée de la fermeture éclair jusqu’à l’extrémité opposée. le sac exhala une odeur de cuir chaud et de parfum féminin.»

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Un matin à Paris, alors qu’il ouvre sa librairie, Laurent Letellier découvre dans la rue un sac à main abandonné.
Curieux, il en fait l’inventaire et découvre, faute de papiers d’identité, une foule d’objets personnels : photos, parfum… et un carnet rouge rempli de notes. Désireux de retrouver la propriétaire du sac, Laurent s’improvise détective. À mesure qu’il déchiffre les pages du carnet contenant les pensées intimes de l’inconnue, le jeu de piste se mue progressivement en une quête amoureuse qui va chambouler leurs vies.

Les derniers jours de nos pères, Joël Dicker

Les derniers jours de nos pères- Joël Dicker

«Le père tenait entre ses mains les cartes postales, les manipulant comme les plus précieux des papiers-valeurs. Tous les jours il les relisait.

Il y en avait deux, arrivées à deux mois d’intervalle. Il les avait trouvées dans sa boîte aux lettres. La première, c’était en octobre, à midi; il était rentré du travail exprès, comme tous les jours, mais il n’y croyait presque plus. Et puis il avait trouvé au fond de la boîte en fer une petite enveloppe blanche, sans adresse, sans timbre, sans rien. Il avait aussitôt su que c’était son fils. Il avait déchiré le papier en toute hâte, et il avait trouvé cette magnifique vue du lac Léman, avec le jet d’eau et les collines de Cologny en arrière-plan. Il avait lu, relu.

Cher petit Papa,

J’espères que tu te portes à merveille.

Tout va bien ici, Je te raconterai bientôt. 

Je t’embrasse,

Ton fils

Et il avait relu encore, lu dans sa tête et lu à voix haute, lu très vite et lu très lentement, lu en un seul souffle et lu en articulant exagérément pour ne rien rater des mots. Dans l’appartement, il avait crié, sauté de joie, il avait couru dans la chambre de son fils et il s’était couché sur son lit, il avait enlacé les couvertures, embrassés les coussins. Il avait enfin des nouvelles de son cher fils. Il était allé chercher une photographie de Paul-Émile figée dans son cadre et il en avait embrasé la vitre une bonne dizaine de fois. Son fils avait donc renoncé à la guerre et il était allé se mettre à l’abri à Genève. Quel bonheur, quel soulagement! Le père s’était laissé envahir par une telle sensation de bonheur qu’il avait eu besoin de la partager avec quelqu’un. Mais il n’avait plus personne à qui parler. Alors il avait décidé d’aller chez la concierge et il était descendu tambouriner à la porte de sa loge, et sur le pas de la porte, il avait lu la carte à haute voix, parce qu’elle ne la lirait pas avec assez d’intonations et qu’elle gâcherait les beaux mots de son fils, et d’ailleurs elle avait le droit de regarder mais pas de toucher car on ne savait pas dans quel cambouis elle avait fourré ses mains.

–Bien à l’abri en Suisse! s’était écrié le père après sa déclamation. Que pensez-vous qu’il y fait?

–Je n’en sais rien, avait répondu la concierge, peu concernée, qui avait surtout envie de se débarrasser de l’importun.

–Dites quelque chose! Allons! Que peut-il bien faire à Genève?

–Je connais quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui vivait en Suisse et qui travaillait dans une banque, dit la concierge.

–Une banque! avait hurlé le père en se tapant le front. Mais é-vi-dem-ment! Il a sûrement un poste important dans une banque! Voyez comme les Suisses sont des gens bien: ils n’ont pas de temps à perdre avec la guerre.

Et durant les semaines qui avaient suivi, il avait imaginé son fils faisant sensation dans un bureau feutré d’une grande banque.»

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Londres, 1940. Soucieux de pallier l’anéantissement de l’armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill a une idée qui va changer le cours de la guerre: créer une branche noire des services secrets, le Special Operation Executive (SOE), chargée de mener des actions de sabotage et de renseignement à l’intérieur des lignes ennemies et dont les membres seraient issus des populations locales pour être insoupçonnables. Du jamais vu jusqu’alors.

Quelques mois plus tard, le jeune Paul-Émile quitte Paris pour Londres dans l’espoir de rejoindre la Résistance. Rapidement recruté par le SOE, il est intégré à un groupe de Français qui deviendront ses compagnons de cœur et d’armes. Entraînés et formés de façon intense aux quatre coins de l’Angleterre, ceux qui passeront la sélection se verront bientôt renvoyés en France occupée pour contribuer à la formation des réseaux de résistance. Mais sur le continent, le contre-espionnage allemand est en état d’alerte…

L’existence même du SOE a été longtemps tenue secrète. Soixante-cinq ans après les faits, Les Derniers Jours de nos pères est un des premiers romans à en évoquer la création et à revenir sur les véritables relations entre la Résistance et l’Angleterre de Churchill.

L’alieniste, Caleb Carr

L’été, pour moi, c’est synonyme de lecture. Bon, toutes les saisons sont pour moi synonyme de lecture ;)   Mais l’été, le temps ralenti, les journées s’allongent, on prends du temps pour soi, on bulle… et quoi de mieux qu’un bon livre pour nous accompagner à la plage!?!

Du coup, j’avais envie de partager des lectures coups de cœur, en plus des livres que je lis en ce moment, mais aussi d’en garder une trace ici. Ce sont des livres que j’ai déjà lu, il y a quelques temps pour certains, mais que je relirais sûrement, et que j’aime donner à lire.

Bref, voici le premier livre de cette série, le genre préféré de l’été, un bon policier/ thriller.

L'alieniste- Caleb Carr

«Théodore est en terre.

Ces mots semblent vides de sens sous ma plume, aussi vides de sens que, cet après-midi, la vision de son cercueil disparaissant dans le sol sableux près de Sagamore Hill, l’endroit qu’il chérissait entre tous. Debout dans la bise de janvier qui giflait le détroit de Long Island, je pensais en moi-même: «C’est une farce, bien sûr. Il va faire sauter le couvercle, il va nous éblouir de son sourire ridicule et nous briser les tympans de son rire strident. Ensuite, il va nous crier qu’il y a du « pain sur la planche », que nous devons « retrousser nos manches » parce que nous sommes tous mobilisés pour aller défendre une variété rarissime de salamandre contre la rapacité d’un géant industriel prêt à installer sans vergogne son immonde manufacture en pleine zone de reproduction de ces petits batraciens.» Et je voyais bien que je n’étais pas seul à nourrir de telles divagations. Tous ceux qui assistaient aux obsèques attendaient une sorte de coup de théâtre; cela se lisait sur leurs visages. Il semble bien que ce sentiment soit largement partagé dans le pays, et même dans le monde: la disparition de Théodore Roosevelt est, tout simplement, une idée inacceptable. (…)

Quelques camarades du Times voulaient que je prenne part à un «dîner du souvenir» mais une paisible soirée en compagnie de Kreizler me semblait préférable. Oh, ce n’est pas à l’évocation nostalgique d’une enfance new-yorkaise commune que nous avons levé nos verres car Laszlo et Théodore ne se connaissaient pas avant Harvard. Non, ce soir, notre mémoire nous a, tout naturellement, ramenés au printemps 1896 – il y a pratiquement un quart de siècle – et à une série d’événements qui paraissaient, aujourd’hui encore, trop invraisemblables pour s’être véritablement produits, même dans cette ville. Comme il était poignant de ressusciter tout cela et, surtout, de se retrouver là, à cette table de chez Delmonico’s, ce bon vieux Del’s, qui, comme nous tous, ne va pas en rajeunissant. A l’époque, en effet, ce restaurant avait été le théâtre fiévreux de nos réunions les plus cruciales. Après le dessert, à l’heure du madère, Kreizler et moi secouions la tête en souriant, encore étonnés aujourd’hui d’être arrivés au terme de cette épreuve sans y laisser notre peau et, bien sûr, toujours aussi affectés songeant à ceux qui n’avaient pas eu notre chance.»

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New York, 1896. De jeunes prostitués des quartiers déshérités sont découverts horriblement mutilés, sans provoquer la moindre réaction des pouvoirs publics. Révolté par tant d’indifférence, Théodore Roosevelt, alors préfet, fait appel à ses amis John Schulyer Moore, chroniqueur criminel et Laszlo Kreizler, aliéniste, pionnier de la psychiatrie, pour élucider cette énigme terrifiante. Ils sont rapidement rejoint par deux spécialistes des nouvelles techniques d’investigation telles que l’anthropométrie et la dactyloscopie.

Entre thriller et aventure, tradition des feuilletonnistes et suspense psychologique, L’Aliéniste rappelle évidemment l’atmosphère de Jack l’Eventreur ou de Sherlock Holmes. Mais il dresse aussi, par son souci du détail historique, un singulier portrait de New York à l’aube de la modernité.

 

 

Sans parler du chien – Connie Willis

Sans parler du chien- Connie Willis

« Cyril et la Princesse Arjumand s’étaient également assoupis. Je me penchais pour caler ma joue sur ma main, mon coude sur mon genou.

Et contempler Verity.

C’était presque aussi reposant qu’un bon somme. Le canot se balançait doucement et, entre les feuilles, le soleil dessinait des motifs papillotants d’ombre et de lumière. Elle avait les traits détendus par ce repos réparateur.

Je devais l’admettre. Même au terme d’une longue cure de sommeil je n’aurais pas cessé de l’assimiler à une naïade. Allongée là avec les yeux clos et la bouche entrouverte, bavant un peu sur le coussin moisi, elle était toujours la plus belle femme qu’il m’avait été donné de voir.

– Elle avait un ravissant minois, murmurai-je.

Et, contrairement à Terence, j’estimai qu’il n’était pas utile d’en dire plus.

Je dus finalement somnoler à mon tour, car mon coude glissa de mon genou et je me redressai en sursaut.

La Princesse Arjumand miaula, sauta de mes épaules et s’assit sur le siège à côté de moi.

Verity et Cyril n’avaient pas interrompu leur sieste. La chatte bâilla et s’étira, puis alla regarder les flots. Elle se dressa sur le plat-bord et trempa une patte blanche dans la Tamise.

La clarté indécise du soleil qui filtrait entre les branches était plus oblique et dorée. Je sortis ma montre de gousset et l’ouvris. III et demi. Nous avions intérêt à rentrer avant qu’on ne remarque notre absence, si ce n’était pas chose faite. »

 

Les livres de la bibli

On a quand même une grande chance, dans notre petit appartement niçois, c’est d’avoir la grande bibliothèque municipale juste en bas. J’y vais régulièrement avec les enfants, surtout les jours gris, pour profiter des jeux de société et jouer ensemble, pour découvrir de nouvelles histoires, et choisir de beaux livres. Mais forcément, comme il faut être silencieux et tout à fait sage, j’y vais le plus souvent toute seule.

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Jusque là, j’étais plutôt du genre à acheter les livres que je voulais lire, ayant un besoin presque viscérale de les posséder. Sauf que maintenant, la bibliothèque est bien pleine dans le salon, et que tous les livres ne sont pas à relire, et encore moins à garder! Et, avec les enfants, à raison d’une histoire par soir, il faut que ça tourne. Bien sûr, on a nos chouchous, ceux qu’on relit 100 fois, mais pour le reste, il faut bien varier. Et là, c’est bien plus difficile d’acheter, pour des raisons de budget, certes, mais aussi de place…
Puis je commence à bien le connaître, le rayon enfant. Et je prends toujours un grand plaisir à choisir nos prochaines lectures ;)
Cette semaine, je voulais d’abord trouver des livres à lire pour Léonard. Maintenant qu’il sait lire, c’est d’autant plus amusant qu’il en redemande tout le temps. Et comme chez leur Pépé, on a adoré Les P’tites Poules, je lui en ai trouvé deux nouveaux.

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J’ai aussi choisi un livre tout joli, Jour de lessive, parce que j’aime beaucoup les dessins et l’univers de Frédéric Stehr. Même s’il est un peu plus « bébé », il a fait un bel effet sur Clémentine. Et après le succès de Bouboule qu’on a à la maison, il était facile de la convaincre.

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Un autre livre, La Fleur des vagues,  une belle histoire de bateaux, d’îles et d’enfance. Aussi poétique dans le texte que dans le dessin.

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Une aventure et des pirates, avec cette jolie interprétation de L’île aux Trésor.

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J’ai fait une belle découverte, avec ce livre,  Où se trouve la rue Saint-Michel?, qui m’a plongée dans les rues de Bordeaux, la « grande ville » de mon enfance, celle de ma grand-mère et de mes oncles, la ville de mes études… Ce sont les dessins qui, encore une fois, m’ont attirée. Et j’ai été tellement surprise quand, au détour d’une page, je me suis retrouvée sur les quais à contempler la Porte Cailhau !! Ou en voyant la Cathédrale St Michel, mon quartier d’étudiante!!! Sans oublier les quais et le vieux Colbert, la place de la Bourse, les allées Tourny et la foire aux Plaisirs, le Grand Théâtre et la Mairie. Bref une jolie promenade dans cette bien belle ville. Et même si le plan est loin d’être exact (pour la part d’imaginaire, je suppose), la précision des dessins suffit à l’illusion.

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Et Pétronille et ses 120 petits, parce qu’on ne lit jamais assez de Claude Ponti à nos enfants!!

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Quitte a aller à la bibliothèque, j’apprends aussi à regarder pour moi. Et cette fois-ci, j’avais une idée très précise: je voulais trouver les BD de Le Vent dans les Saules, de Michel Plessix. Mais, comme ils ne l’avaient pas, je me suis rabattue sur l’histoire originale de Kenneth Grahame. Quant au BD, je vais devoir succomber à mon onéreuse habitude de « posséder » les livres, et je vais filer chez mon libraire…

Les livres de la bibli (15)

Le dessin est bien moins beau que celui de Plessix, mais bon… Une petite piqûre de rappel sur ce qu’il y a de joli dans la littérature enfantine de nos voisins anglais, c’est toujours bon à prendre. Et la prochaine fois je craquerai peut-être sur l’intégrale de Beatrix Potter… Les aventures de Pierre Lapin, ça devrait amuser les enfants ;)

Maus – Art Spiegelman

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Il s’agit d’une BD. Un livre que je vois depuis un moment dans les étagères de mon père, qui m’attire et m’inquiète… J’en connais le sujet: la déportation de juifs durant la seconde guerre et les camps de concentration. Et c’est bien pour ça que j’hésite. Non que j’ai peur de lire un livre sur le sujet, mais, en image… et en noir et blanc qui plus est.

Quand j’ai fait part de mes doutes à mon père, il m’a juste dit « essaie ». Alors, j’ai essayé. Lire la suite

La saga Malaussène – Daniel Pennac

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« Je vis je meurs je me brûle et me noie

J’ai chaud extrême en endurant froidure

La vie m’est trop molle et trop dure

J’ai grands ennuis entremêlés de joie

– Clara, quand tu récites, marque donc les temps. En poésie, les silences jouent le même rôle qu’en musique. Ils sont une respiration, mais ils sont aussi l’ombre des mots, ou leur rayonnement, c’est selon. Sans parler des silences annonciateurs. Il y a toutes sortes de silence, Clara. Par exemple, avant que tu ne te mettes à réciter, tu photographiais le chat blanc sur la tombe de Victor Noir. Suppose que nous nous taisions après que tu auras récité. Sera-ce le même silence?

– Le «sera-ce», Benjamin, le «sera-ce»? Je m’interroge…

Elle se moque gentiment, passe son bras sous le mien, nous continuons notre ballade dans un Père-Lachaise ensoleillé où Clara vient de me faire remarquer que la quasi-totalité des chats sont noirs ou blanc. A la rigueur noir et blanc. Mais jamais colorés. […]

-Louise Labé, ma chérie, revenons à Louise Labé, récite le deuxième strophe, et tâche de respecter les silences, l’examinateur t’en sera reconnaissant.

Tout à un coup je ris je larmoie

Et en plaisir maint grief tourment j’endure 

Mon bien s’en va et à jamais il dure

Tout en un coup je sèche et je verdoie

-D’après toi, de quoi parle-t-elle, Clara? Qu’est ce que c’est que ce tremblement de tous ces nerfs, ce séisme, ces courts-circuits?

-On dirait qu’elle est inquiète, inquiète et en même temps très sûre d’elle-même.

-Inquiétude et certitude, oui, tu y es presque, récite le vers suivant, rien que le suivant.

Ainsi Amour inconstamment me mène.

-L’Amour, ma Clarinette, c’est l’Amour qui nous met dans cet état, regarde ta sœur, par exemple.

Ici, elle s’arrête pile au milieu de l’allée, et me photographie.

-C’est toi que je regarde!

Puis:

-Qui était-elle, au juste, Louise? Je veux dire par rapport aux autres de son époque, les Ronsard, les Du Bellay?

-Elle était l’être le plus accompli de la Renaissance, la poésie la plus subtile et la barbarie musculaire la plus radicale. Elle maniait l’épée et se déguisait en homme pour participer à des tournois. Elle est même montée à l’assaut des murailles, au siège de Perpignan. Après quoi, elle taillait sa plume d’oie le plus fin possible pour écrire ça, qui enfonce toute la poésie de son temps.

-Il y a des portraits d’elle? Elle était belle?

-On l’appelait la Belle Cordière.

Ainsi se poursuit notre promenade, Clara photographiant, moi disséquant pour elle le sonnet sublime, elle me jetant des regards éblouis, et moi pensant, comme le Cassidy de Crosby, que si j’étais prof j’aimerais ce métier pour toutes sortes de mauvaises raisons, dont mon goût immodéré pour cette admiration naïve. »

Au bonheur des ogres, Daniel Pennac

Au début du mois, je suis tombée en panne d’inspiration et d’envie de lecture. Mais, comme je peux difficilement rester sans livre, j’ai choisi de me replonger dans cette saga, déjà lue et relue. Ce sont les livres de mes années bac, et aussi un peu après, pour un mémoire, en métiers de livre. C’est une lecture fraîche et vivante, avec des personnages tellement attachants. C’est ce qu’il faut de polar et d’enquête. C’est la plus belle visite littéraire de Paris que j’ai pu faire, avec les histoires de Pierre Gripari, mais là, c’est du domaine de mon enfance. C’est un gars de coin, Pennac, un grand homme. Un de ceux qui croient en l’humain.

Après l’attentat du 14 juillet, je me suis sentie, et je me sens encore, envahie par toute cette brutalité, cette tristesse, ces deuils, cette aberration, cette incompréhension. C’est chez moi, chez nous. C’est un lieu de promenade familiale, où nous allions régulièrement. C’est notre ville. C’est en bas de chez nous. Et c’est horriblement difficile à réaliser et à accepter.

Ces livres auront été une bouffé d’oxygène ces derniers jours, une bouée de secours, la possibilité de s’évader, vers un autre univers, où la vie est brute, mais est vie. Où l’espoir est fort, et l’amour omniprésent. L’Amour…

Comme avec le violon de David Oistrakh en novembre, je voulais vous offrir ce petit quelque chose.

Et merci à Manowen qui, en partageant ses lectures sur Instagram, m’a donné envie de renouer avec la famille Malaussène.

La saga dans l’ordre: Au bonheur des Ogres, La fée Carabine, La petite marchande de prose, Monsieur Malaussène, Monsieur Malaussène au théâtre, Des chrétiens et des Maures, Aux fruits de la passion, Daniel Pennac