La femme au carnet rouge, Antoine Laurain

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«Le sac était là, sur le canapé. Il s’en approcha quand un SMS lui parvint. Dominique: Peut-être ce soir mais très tard, journée compliquée, t’expliquerai, suis au bureau. La Bourse plonge, si tu écoutes les infos tu sauras sur quoi je passe ma soirée! Baisers vers toi. Laurent but une gorgée et répondit un sobre: Baisers en retour, tu me diras… Puis il s’assit en tailleur sur le plancher, posa son verre sur une latte et se saisit du sac avec précaution. Il était beau, avec ses deux textures de cuir mauve, ses attaches dorées et ses poches extérieures de tailles diverses. Les hommes ne possédaient rien de comparable. Ils disposaient au mieux de sacoches, voir de mallettes dont les formes standardisées avaient été conçues dans le seul but de recevoir des dossiers. Il but une nouvelle gorgée de vin en ayant la nette impression qu’il allait commettre un acte interdit. Une transgression. Un homme ne fouille pas dans le sac d’une femme – même les peuplades les plus reculées devaient elles aussi obéir à cette règle ancestrale. Les maris en pagne n’avaient sûrement pas le droit d’aller chercher une flèche empoisonnée ou une racine à grignoter dans le sac en peau tannée de leur épouse. jamais Laurent n’avait ouvert le sac d’une femme. Pas plus celui de Claire que celui de sa mère lorsqu’il était enfant. C’était tout juste s’il avait parfois entendu: Prends les clés dans mon sac, ou: Il y a un paquet de mouchoirs dans mon sac, sort-le. Il n’avait glissé la main dans un sac à main qu’avec une autorisation en bonne et due forme, qui ressemblait d’ailleurs plutôt à un ordre, et n’était valable que pour une durée très limitée: lorsque Laurent n’y trouvait pas les clés ou le paquet de mouchoirs en moins de dix seconde et qu’il commençait à remuer le contenu du sac, celui-ci était aussitôt repris par sa propriétaire. Le geste était accompagné par une petite phrase agacée, toujours à l’impératif: Donne-moi ça! et aussitôt les clés ou le paquet de mouchoirs apparaissaient.

Il tira doucement la glissière dorée de la fermeture éclair jusqu’à l’extrémité opposée. le sac exhala une odeur de cuir chaud et de parfum féminin.»

♦♦♦♦♦♦

Un matin à Paris, alors qu’il ouvre sa librairie, Laurent Letellier découvre dans la rue un sac à main abandonné.
Curieux, il en fait l’inventaire et découvre, faute de papiers d’identité, une foule d’objets personnels : photos, parfum… et un carnet rouge rempli de notes. Désireux de retrouver la propriétaire du sac, Laurent s’improvise détective. À mesure qu’il déchiffre les pages du carnet contenant les pensées intimes de l’inconnue, le jeu de piste se mue progressivement en une quête amoureuse qui va chambouler leurs vies.

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