femme a_ l'ombrelle a.maillol 1891-92

Elle voulut aller sur les bords de la mer,

Et comme un vent bénin soufflait une embellie,

Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie,

Et nous voilà marchant par le chemin amer.

Le soleil luisait haut dans le ciel calme et lisse,

Et dans ses cheveux blonds c’était des rayons d’or,

Si bien que nous suivions son pas plus calme encor

Que le déroulement des vagues, ô délice!

Des oiseaux blancs volaient alentour mollement

Et des voiles au loin s’inclinaient  toutes blanches.

Parfois de grands varechs filaient en longues branches,

Nos pieds glissaient d’un pur et large mouvement.

Elle se retourna, doucement inquiète

De ne nous croire pas pleinement rassurés,

Mais nous voyant joyeux d’être ses préférés,

Elle reprit sa route et portait haut la tête.

Paul Verlaine, Beams, Romances sans paroles

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